«
N'allez pas chez les autres, venez chez nous! » Tel
est le slogan que semble lancer à travers la presse le judoka
G. Martinez. Les propos tenus par celui-ci dans le Midi-libre n'engagent
que sa seule responsabilité, n'ayant aucunement reçu
l'aval de sa fédération comme il le prétend,
cette dernière étant tenue par un devoir de réserve
qui se garderait bien de cautionner une telle campagne de dénigrement
à l'égard des écoles d'arts martiaux et de ceux
qui les représentent, non reconnues par le Ministère
des sports, et elles sont nombreuses. S'il était professionnel,
cela relèverait de la concurrence déloyale.
Toujours est-il que le CO.S.A.MA.T (Comité de sauvegarde des
arts martiaux traditionnels) tient à effectuer certaines mises
au point, à savoir:

1° Que le sieur G. Martinez n'a pas qualité, pour
exprimer publiquement ses opinions à l'égard de ceux
qui pratiquent une activité de loisir d'arts martiaux, sinon
que de faire parler de lui. II n'est représentatif d'aucune
organisation, hormis son club. De quel droit se permet-il de publier
la liste des disciplines reconnues ou non par le Ministère
des sports ?

2°
Que les propos tenus, pour le moins désobligeants,
sont indignes de la fonction d'éducateur sportif qu'il assume,
lesquels sont de nature à porter atteinte à autrui,
ce que la loi réprouve. Qu'il se rassure, jamais, un enseignant
d'arts martiaux sérieux, ne s'aviserait de prétendre
qu'il exerce la fonction d'éducateur sportif, s'il n'est pas
diplômé d'État. Cependant, la loi n'interdit pas
aux enseignants, dont les disciplines ne sont pas reconnues par le
Ministère des sports, d'exceller bénévolement
dans leur art. Qu'on se le dise ! On peut en effet pratiquer son art
martial en toute indépendance, sans être tenu d'essuyer
les menaces perfides de personnes en mal d'Étatisation. La
France est un pays de droit, là où chacun à la
liberté de pratiquer les activités de son choix, sans
être tenu d'adhérer à une fédération
sportive. Ce n'est pas un pays totalitaire.
L'art. 20 de la déclaration universelle des droits de l'homme
stipule, que «Nul ne peut être obligé d'adhérer
à une association...». Oblige-t-on un club de rugby d'adhérer
à une fédération de football ?

3°
Que les fédérations sportives délégataires,
sont placées sous la tutelle du Ministre chargé des
sports, pour une seule discipline et pour une durée déterminée
(tous les quatre ans, renouvelable).

4°
Que par ailleurs, le judo n'a jamais été un art martial,
mais un sport de combat, reconnu comme tel par le comité Olympique.
Alors pourquoi G. Martinez s'arroge-t-il le terme «arts martiaux»,
dont il ignore les tenants et les aboutissants ? L'amalgame est devenu
monnaie courante de nos jours. Jamais, au Japon, un pratiquant de
judo ne s'aviserait de prétendre pratiquer les arts martiaux:
en France oui ! II n'a donc pas la compétence qu'il croit pour
redorer son blason, souillé par des personnes telles que lui.

5°
Qu'en ce qui concerne le brevet d'État d'éducateur sportif,
celui-ci n'est obligatoire que pour les professionnels qui exercent
contre rémunération. Les bénévoles ne
sont donc pas concernés. Qui plus est, ce diplôme n'est
valable qu'en France, et nullement dans les autres pays d'Europe.

6°
Quant aux grades DAN qu'il conteste si bien, parce qu’ils
ne sont pas décernés en judo (sic !), alors que le pratiquant
d'arts martiaux n'effectue aucune compétition, si cela est
de la poudre aux yeux, du fait que chez lui il faille dix ans pour
obtenir la ceinture noire (sont-ce tous des nuls ?), il est bon de
rappeler, que depuis le 28 janvier 1998, le Conseil d'État
a cassé le décret n° 93-988 relatif à la
loi du 16 juillet 1984 qui précisait, que nul ne pouvait se
prévaloir d'un DAN, si celui-ci n'avait pas été
délivré par les fédérations sportives
habilitées (soit à l'époque 4 fédérations
seulement), au motif suivant: ...que les DAN ne constituent pas des
titres délivrés à l'issue de compétitions
sportives au sens de l'art.17 de la loi du 16.7.1984 et que le Gouvernement
ne tenait ni les dispositions de l'art.17, ni d'aucune autre disposition
législative le pouvoir de conférer aux fédérations
délégataires le droit exclusif d'attribuer ces titres
sportifs... Dont acte. Publié au J0. Le 1.3.98. Le révolté
Martinez l'aurait-il oublié ? Qui plus est, le mot japonais
DAN, qui signifie degré, est du domaine publique (il figure
dans le dictionnaire) et ne peut être le monopole de qui que
ce soit, fut-il de l'État.

Voici de
la matière à réflexion, qui devrait faire réfléchir
ceux qui se croient au-dessus des lois et qui «prêchent
pour leur paroisse», sans connaître «les dessous
» de certaines vérités. M. Marfinez voulait une
polémique ? Le détonateur qu'il a actionné risque
d'engendrer des répercussions malsaines pour les férus
du sport reconnu par le Ministère, beaucoup plus que pour les
pratiquants d'arts martiaux amateurs, bénévoles, non
reconnus…
COSAMAT


